La Tunisie, éternel pays des eaux en Méditerranée
- Eric ALAUZEN

- 20 janv.
- 5 min de lecture
Tunisie, terre des thermes depuis l’Antiquité
En Tunisie, le tourisme de bien-être ne sort pas d’un chapeau marketing : il plonge ses racines dans l’Antiquité. À Korbous, sur le golfe de Tunis, les sources chaudes de Carpis étaient déjà fréquentées par les Carthaginois puis par les Romains pour leurs vertus thérapeutiques. Aujourd’hui encore, ce village accroché à la montagne, face à la mer, demeure un symbole fort de cette culture de l’eau qui traverse les siècles.

Au début du XXᵉ siècle, Korbous devient l’un des premiers sites structurés de cures thermales et de thalassothérapie du pays, avant que d’autres stations balnéaires ne prennent le relais. Ce socle historique explique pourquoi l’hydrothérapie n’est pas perçue en Tunisie comme une simple « tendance bien-être », mais comme la continuité d’un art de vivre : soigner, prévenir, se ressourcer par l’eau.
La Tunisie, éternel pays des eaux en Méditerranée

Trente ans de thalassothérapie moderne et un savoir-faire reconnu
La thalassothérapie moderne en Tunisie s’organise au tournant des années 1990, avec l’ouverture des premiers grands centres sur les littoraux de Sousse et Hammamet, très vite rejoints par d’autres établissements le long de la côte. En trois décennies, la filière a pris une dimension internationale.

Selon l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie (ONTH) :
la Tunisie compte désormais 60 centres de thalassothérapie et 390 spas, dont 84 % intégrés à des hôtels de la côte méditerranéenne,
Un classement de 2ᵉ destination mondiale de thalassothérapie, derrière la France.

Toujours selon l’ONTH, l’hydrothérapie au sens large (thalasso et thermalisme) attire environ 1,2 million de visiteurs et curistes par an, avec une clientèle majoritairement européenne (70 %, dont environ 40 % de Français). La thalassothérapie représente près de 200 millions de dinars tunisiens de chiffre d’affaires par an, soit environ 60 millions d’euros, c’est-à-dire la moitié du tourisme de santé dans le pays.

Dans ce paysage tunisien, plusieurs établissements ont acquis une reconnaissance particulière :
Athénée Thalasso & Spa à Djerba, souvent cité comme une référence et certifié ISO 17680, norme internationale dédiée à la thalassothérapie.
Bio Azur Thalasso & Spa à Hammamet, l’un des premiers centres de thalassothérapie en Tunisie, surplombant la mer, qui illustre la montée en gamme de la destination, entre approche médicale, spa et bien-être.
Le Royal Elyssa Thalasso & Spa, ouvert en 2011, considéré comme l’un des plus beaux centres de thalassothérapie en Tunisie.
Et plus récemment, Les eaux de Carpis au cœur du Royal Tulip Korbous Bay Thermes & Thalasso, l’un des rares centres au monde à conjuguer dans un même lieu thermalisme (eau de source chaude) et thalassothérapie (eau de mer), dans un cadre luxueux, entre mer et montagnes.

L’offre tunisienne a également évolué : aux classiques séjours « remise en forme » s’ajoutent désormais des cures orientées articulations, stress, sommeil, rééducation fonctionnelle ou encore prévention santé, avec une approche plus personnalisée et médicalisée.
Le thermalisme tunisien : un patrimoine qui se structure
L’hydrothérapie tunisienne ne se limite pas à la thalassothérapie. Les dernières données du ministère de la Santé montrent l’ampleur du phénomène quand on sait qu’il existe réparties 490 structures combinant stations thermales, hammams minéraux, centres de thalassothérapie et d’hydrothérapie.
Toujours selon le directeur général de la Santé, environ 70 % de ces usagers sont des touristes étrangers, ce qui confirme que l’hydrothérapie est à la fois un outil de santé complémentaire (rhumatologie, affections respiratoires, rééducation, santé mentale…) et un levier de tourisme médical et de bien-être.
À l’intérieur de cet ensemble, les centres de thalassothérapie proprement dits accueillent environ 180 000 curistes par an, dans le cadre de programmes structurés.
Dans ce contexte, Korbous joue un rôle emblématique : station thermale historique, sur un site spectaculaire où se rencontrent sources chaudes naturelles, eau de mer et paysage de montagne, elle incarne ce que la Tunisie peut offrir de plus singulier en matière de ressourcement par l’eau.
2026 : ambitions, montée en gamme et présence habituelle aux Thermalies
Pour 2026, les autorités tunisiennes – ONTH, ministère de la Santé, Office national du tourisme tunisien (ONTT) – affichent des ambitions claires :
Consolider la qualité des établissements existants,
Mieux valoriser ce patrimoine d’eaux chaudes et de littoral,
Encourager des projets de stations thermales écologiques dans des sites comme Beni Mtir ou les environs du lac d’Ichkeul
Renforcer la place de la Tunisie comme plateforme régionale de services de santé.

Comme le rappelle Shahnaz Guizani, directrice générale de l’ONTH, l’hydrothérapie en Tunisie s’appuie à la fois sur un héritage ancestral et sur des équipements modernes respectant les standards internationaux, avec un rapport qualité-prix difficilement égalable dans la région.
La participation tunisienne au Salon Les Thermalies au Carrousel du Louvre, à Paris – l’unique salon annuel en France entièrement dédié à la santé et au bien-être par l’eau, avec environ 250 exposants – s’inscrit dans cette dynamique : le Pavillon Tunisie rassemble une sélection d’établissements (thalasso, thermes, spas) qui viennent présenter leurs cures et leurs destinations à un public de curistes avertis, de prescripteurs et de médias.

Dans ce dispositif, des centres comme Les eaux de Carpis, adossés à un hôtel cinq étoiles, comme le Royal Tulip Korbous Bay, illustrent la nouvelle image que la Tunisie souhaite projeter :
Des cures médicalisées,
Un positionnement haut de gamme mais accessible,
Des expériences complètes où le thermalisme, la thalassothérapie, le spa, la gastronomie et la découverte culturelle se répondent.

Une chose est sûre : en 2026, la Tunisie ne se contente plus d’être une destination de soleil. Elle assume pleinement son statut de terre d’eaux, où l’on vient autant pour se soigner que pour vivre un certain art de vivre méditerranéen.








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